[ Garde alternée ou l'amour en double ]

Vendredi.

Dans quelques heures tu t’en iras retrouver ton père.
Depuis que nous sommes levés, les mots « tu vas me manquer maman » résonnent en bruit de fond.
Ma réponse « oh toi aussi » fait écho.
Tu me dis que tu es content de revoir papa mais que les vendredis te sont partagés entre joie et peine.
Je le sais et je te rassure ; le sentiment des retrouvailles est plus fort que celui de la séparation.

Notre semaine était riche, tu me laisses le cœur comblé de jolies choses, de souvenirs plaisants et je suis sereine devant ton départ.

La fin de journée est là et tu prétextes vouloir jouer au ballon dehors mais je sais que la vraie raison est de pouvoir guetter l’arrivée de ton papa 😉.
Pour preuve, tu n’as pas shooté une seule fois dans ce ballon qui te sert de siège, ton regard est fixé sur l’entrée du lotissement 😆.
Au même moment, je saisis un courrier important pour mon travail et pourtant je ne peux pas empêcher mon esprit de divaguer.

Chaque vendredi tu es tout aussi impatient de retrouver ton parent absent.
Il y a de l’excitation et de l’amour dans tes paroles, dans tes gestes et dans tes actions.
7 jours, 7 dodos, c’est le maximum qui est supportable à ton cœur (à nous aussi c’est certain !).

Pas plus tard que dans l’après-midi, au bord de l’eau, nous nous sommes allés à quelques confidences et je crois me souvenir de t’avoir soufflé à l’oreille, que ces semaines en alternance augmentait l’attachement entre nous.
Oui, je me suis surprise moi-même, à te déclarer que si on se voyait tout le temps, on s’aimerait c’est indéniable, mais pas de la même façon…

Il y a cette phrase qui dit « je t’aime davantage quand tu n’es pas là », car je pense sincèrement que la distance amplifie cette affection qui devient alors presque comme fantasmée.
L’absence, le manque, la privation, nous aurons donc offerts ce magnifique cadeau ; l’amour en double.

Un amour partagé et un amour à distance.
C'est celui-ci qui donne à nos retrouvailles ce petit goût de bonheur magique. Finalement, ce sentiment est une vraie chance ! Et nous le vivons une semaine sur deux.



C’est à cet instant que je réalise, encore une fois, que nous avons réussi quelque chose. Ce n’est certainement pas ce que j’avais imaginé, loin de là. Ce n’est pas là que j’espérais notre succès mais c’est un fait ; nous avons réussi notre séparation et nous avons assuré à notre enfant un équilibre familial au sein même de la garde alternée.

Aujourd’hui je suis en manque de tout ton être, mais comme je l’ai écrit un peu plus haut, mon amour s’intensifie à chaque fois que je suis en carence de toi.
Je sais que dans quelques jours, je pourrais laisser se transformer toute cette absence en câlins, en bisous, et elle s’estompera au son de tous nos mots d’amour : « tu m’as manqué », « je suis content(e) de te revoir » « t’es belle (beau) » « j’ai plein de trucs à te dire » « apéro ! » 😜.

Mais surtout je pourrais me remplir de tous tes « je t’aime »… 💖

“C'est quand la distance s'impose que l'amour transparaît le plus. Le vide de l'absence nous fait aimer plus fort. Ce sont tous les souvenirs qui nous reviennent et les larmes qui nous montent aux yeux qui prouvent à quel point on déteste être séparés.”

© Une semaine sur deux 

🐞 [ Pensée du soir ]

Parfois, je m'attarde sur une photo.

Et je regarde mon héros.
Le souffle coupé.
Je reste encore fascinée.
Que ce soit moi qui l'ai fait.
Oui, moi, si imparfaite et lui si... parfait.
Sur ce fond d'image, je prends conscience,
Qu'être sa maman, c'est ma plus grande chance.
Et ma plus belle résilience 

© Une semaine sur deux



[ Seule ]

Dimanche.
Le soleil est revenu.
Envie de me balader.
Personne pour m’accompagner, mais c’est souvent que je vais marcher avec juste moi-même.
Sentiment étrange aujourd’hui ; plus j’avance, plus je marche, et plus je me sens seule.
Plus je m’attarde sur le ciel bleu, la nature verte, le chant des grillons, plus le vide m’habite.
Je croise les cyclistes, les couples, les familles et je sais que ma journée sera différente de la leur.
Il n’y aura pas de barbecue, pas de chamaillerie sur qui débarrassera la table, personne pour m’empêcher de terminer mon bouquin, pas de sortie à vélo…
Même en recomposant officiellement, peut-être, un jour une famille, j’ai conscience que la mienne sera désormais toujours incomplète, une semaine sur deux.
Et il est bien possible que ce soit un leurre de croire que cette stabilité retrouvée (mais tant espérée) comblera un jour cette sensation d’absence affective intérieure.
C’est terrifiant d’ailleurs de voir à quel point je peux être tellement vivante en dehors et tellement vide en dedans parfois.
Avoir ce grain de folie qui me donne ce charme irrésistible et cette hypersensibilité qui me rend si vulnérable et fragile.

Oui, voilà quelques jours que mon néant est réapparu. Lui et moi on cohabite depuis bien trop longtemps maintenant. Je voudrais le vomir pour m’en débarrasser à tout jamais.
Mais je dois juste apprendre à vivre avec et attendre qu’il s’en aille, comme à son habitude.
Il s’estompe parfois après quelques larmes mais il ne disparait jamais totalement, il se terre bien profond dans mes entrailles pour ensuite venir jouer à cache à cache avec mes humeurs et mes émotions. Non, coexister avec lui n’est vraiment pas chose aisée.
Tantôt, il veut prendre toute la place et je dois me faire violence pour réapprivoiser l’espace et apaiser ce qu’il est venu chahuter.
Amicalement je suis très entourée et même si certain(e)s m’aident quelquefois à traverser ce désordre émotionnel passager, ils n’arrivent pas non plus à remplir ce sentiment de viduité que je ressens et que je suis seule à pouvoir humaniser.

Il y a une différence entre « solitude » et « solitaire ». Le premier est subit, le deuxième est un choix. Et moi je vis avec ces deux paradoxes.

C’est étrange (et très compliqué) n’est-ce pas, d’aimer parfois être seule mais d’avoir très peur d’être seule et d’attirer à soi des situations qui vous font vous sentir seule.
Que ce soit dans le choix de mes partenaires ; j’ai souvent été attirée par des hommes (très) indépendants, et plutôt frileux à l’engagement qui préserve leur espace de vie.
Et puis n’avoir qu’un seul et unique enfant ; une semaine sur deux. 

« Fuis moi je te suis ». 
Alors, la solitude, karma ou destinée ?

Cette semaine, je posterai mon article « Ma solitude » écrit il y a deux ans. 
Même si j’évoque plutôt mon côté solitaire que le manque affectif.
C’est intéressant de pouvoir suivre son évolution et s’apercevoir que l’on progresse ou… que l’on régresse.

C’est le jeu de la vie. Il y a des jours où l’on gagne et des jours où l’on perd.

© Une semaine sur deux


Témoignage d'Anthony 8 ans, en garde alternée depuis 5 ans.

Pour mon blog, j’ai souhaité récolter un témoignage de mon Titou sur son ressenti de cette existence en alternance, entre papa et maman, depuis ces 5 dernières années. 

En effet, cela reste le plus authentique des partages d'expérience. Eh oui, qui mieux que nos enfants pour témoigner de leur propre vécu ?! 

Il avait 3 ans et demi lorsque nous avons débuté ce mode de garde et je voulais avoir son sentiment personnel, sur cette vie divisée. 

Bien que je pensais connaitre l’essentiel de ses pensées sur le sujet (car la question est abordée chaque fois que nécessaire) je ne doutais pas, qu’en posant lui-même ses propres mots sur ses émotions, je pourrais découvrir son jugement intime et peut être ses perceptions nouvelles voire inconnues sur son quotidien chamboulé.

Je ne m’attendais pourtant pas à être autant surprise et décontenancée (positivement) par ses réponses et son raisonnement m’a littéralement « bluffée » (cf. question 6.).

Car s’il n’a pas souhaité prendre ce temps d’écriture, il s’est volontiers prêté au jeu improvisé « d’une interview »

Important ! Je précise, que si j’ai mis à l’aise mon enfant durant « cet exercice » afin qu’il puisse s’exprimer le plus librement et le plus sincèrement possible, je reste consciente que ses éléments de réponse ont pu être influencés par le simple fait d’être sa maman.
Cependant, je peux garantir l’authenticité de cet échange et c’est pourquoi, avec son accord, j’ai enregistré « notre entretien » disponible en vidéo ci-après (montez le son !) et que je vous retranscris par écrit, en ayant pris le temps, par la suite, de préciser avec lui ses réflexions.

Peut-être une animation à adapter avec vos enfants ?! Mais attention, vous pourriez être surpris des résultats !

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Témoignage d'Anthony, 8 ans. 

En garde alternée depuis 5 ans.


1. Toi qui as connu la vie « une semaine sur deux » dès ton plus jeune âge, as-tu quelques souvenirs de ta vie d’avant, avec papa et maman « ensemble » ?
Oui. J’ai quelques images qui me reviennent. Les photos aussi m’aident à me rappeler.

2. Quels sont pour toi les inconvénients de la garde alternée ?
Ne pas voir mes parents ensemble tout le temps.

3. Quels sont pour toi les avantages de la garde alternée ?
- Avoir plus de cadeaux.
- Profiter de papa et/ou de maman pleinement.

4. Es-tu heureux ?
Oui.
Pour de vrai ? 
Oui

5. Si tu en avais le choix, souhaiterais-tu continuer la garde alternée ou préférais-tu vivre chez l’un de tes parents de manière plus régulière, pour éviter de changer de maison toutes les semaines ?
Non. Je voudrais rester comme ça, j’ai besoin de vous deux.

6. Si tu avais une baguette magique, quels seraient tes 3 souhaits ?
1. Que ma chatte Mia ressuscite.
2. Avoir un Hoverboard
3. Avoir une jolie maison pour moi quand je serai plus grand
D’accord. 
Mais je suis un peu étonnée, tu ne voudrais pas que tes parents se remettent ensemble ?
Non, car ce serait cruel de remettre mes parents ensemble, parce que si vous ne vous aimez plus, et que cela échoue une deuxième fois, et ben cela pourrait finir en catastrophe. Aujourd’hui j’ai la chance que vous vous entendiez, et je ne voudrais pas que vous ne vous entendiez plus. Parce que si vous êtes séparés, c’est bien qu’il y a une raison. On n’a pas le droit de forcer les gens à s’aimer.
Et si vous vous remettez ensemble avec la baguette magique et que ça ne marche pas, ce sera ma faute.

7. Aurais-tu un conseil, un partage ou simplement quelques mots à témoigner pour les enfants dont les parents sont ou vont se séparer ?
Faut pas s’inquiéter, ça ira mieux au bout d’un certain temps. Le vendredi c'est douloureux mais après on s'habitue.




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J'ai la lucidité de ne pas être objective ; mais je suis si fière de ce petit garçon.
Et aussi tellement pleine de gratitude envers son père car c'est bien collectivement, que nous avons réussi l'après-séparation avec la même et seule finalité : le bien-être de notre enfant.

Séparés mais ensemble ! 

© Une semaine sur deux

[ J’aime la vie ]

Même quand le temps est gris,
Et que je regarde tomber la pluie.
Alors, je cherche l'arc-en-ciel de mon cœur,
Pour raviver mes pleines couleurs.
J’aime la vie
Même si parfois elle me défie,
De lui trouver encore de la magie,
Quand mon fils m’est enlevé,
Toute une moitié d’année.
J’aime la vie
Même dans les heures sombres de la nuit,
Quand mon esprit est trahi par mes insomnies.
Je m'éveille au vol d'un papillon pour préserver mon sourire,
Quand mon enfant, je ne peux retenir.
J’aime la vie
Même quand mes vendredis sont tragédies,
Puisqu'ils offrent à nos retrouvailles, un charme ô combien exquis.
Mille envies m'emportent, pour échapper à la nostalgie,
Et semer, dans ce nouveau destin, des graines de fantaisie.
J’aime la vie
Même s'il me faut tantôt une force d'âme pour la trouver jolie,
Il y a toujours de l'inspiration dans les yeux d'Anthony.
Je laisse mes espoirs aux nuages, pour rêver à l'avenir en poésie.

J’aime la vie


Car c'est quand elle se rebelle,
Qu'elle me révèle le pastel de ses merveilles.


© Une semaine sur deux

[ Un parfum de Lilas ]

Déjà, tu t'en vas.
Sans vacarme.
Il me semble pourtant que c'était hier, 
Que tu revenais avec ton allure printanière,
Remplir mon âme, 
et tel un gentleman,
M'offrir ce Lilas, 
Qui aujourd'hui, comme mon cœur, se fane.


© Une semaine sur deux

[ La face cachée du confinement ]

Bon maintenant, il faut bien les utiliser ces paquets de pâtes et cette farine, toutes ces réserves alimentaires de survie achetées à profusion ! Eh oui, à la guerre comme à la guerre ! 


La tendance est aux pains « maison », aux desserts « homemade », alors autant dire que c’est dans la cuisine que nous sommes le plus souvent, en quarantaine. 

Et voilà les stories des réseaux sociaux se pâmer de brioche dorée, de pains croustillants (ou pas), de plats les plus alléchants les uns que les autres. 


Alors après de tels festins nous pourrions prétendre à quelques instants de détente ou comme dirait Yves Mirande : « Ma devise : une bonne sieste et au lit » ? 

N’est-il pas ? 



Mais ce que vous ne verrez jamais sur Instagram, ce sont le rangement et le nettoyage des plats, et autres ustensiles servant à la préparation des recettes ! 
Non, jamais le monticule de casseroles dans l’évier, la farine renversée, les œufs cassés, et la pâte collée sur le moule, que seul un trempage intensif saura en venir à bout, ne se retrouveront sur le dernier réseau social à la mode. 

Soyons honnête, les promesses de ce confinement, et son temps offert que nous pourrions consacrer à des passe-temps comme le yoga, la lecture, la méditation, les loisirs créatifs, la gym à la maison, s’estompent au fur et à mesure que nous devons :

  • Aider Eloïse a terminé son exercice de mathématiques,
  • Faire la vaisselle,
  • Passer l’aspirateur,
  • Changer les draps,
  • Étendre le linge et mettre en route la prochaine lessive,
  • Ranger les playmobils de Paul,
  • Préparer la réunion visio de lundi,
  • Passer la tondeuse et désherber,
  • Trier les chaussettes,
  • Prévoir le repas du lendemain,
  • Donner le bain à Julie.
…. 

Oui, avouons-le, s’occuper des enfants, de la cuisine et de l’entretien de la maison absorbent l’essentielle majorité de notre temps depuis que nous sommes séquestrés chez nous ! 


Heureusement, il n’est pas exclu, de trouver, entre deux paires de chaussettes, un peu de repos ou d’activités ludiques qui nous fassent apprécier le moment présent auprès de ceux qui nous sont chers… 😍 

Eh, sinon, demain on fait quoi ? 


© Une semaine sur deux

[ 5 ans plus tard ]

Nous sommes samedi.
Ton départ date de seulement hier soir.
Et pourtant ce matin, ton absence est assourdissante.
Les larmes au réveil parce que je ne t’ai pas entendu me crier qu’il était l’heure de me lever parce que tu avais décidé que j’avais bien suffisamment dormi.
Ton ballon est là qui traine ; je n’ai pas envie de le ranger.
J’ai déjeuné devant la télé pour ne pas me retrouver en tête à tête avec le silence.

Je sais que ce blues est accentué par le confinement et à toutes ces heures passées ensemble. 
C’est le vide que tu laisses après les vacances, tout en étant différent car nous ne sommes jamais distraits ni éloignés par l’extérieur.
J’ai conscience que d’ici quelques jours, voire quelques heures, ce cafard s’atténuera.
J’ai deux vies en une et j’ai aussi mes repères quand tu es chez ton père.
Je te sais pas loin et entre de bonnes mains, heureux à bricoler et jardiner avec ton papa adoré.
Je suis rassurée et confiante mais cela n’empêche pas le manque.

Alors dans ces moments-là je ne peux que constater ma peine, et ce sont dans ces occasions de tristesse passagère, que je deviens vite rétrospective ; je fais le bilan de ces dernières années, car aujourd’hui encore, la garde alternée, malgré sa routine, reste parfois douloureuse.
De temps à autre, il m’arrive d’éprouver cette sensation d’avoir vécu une vie entière ces 5 années passées, tellement cette épreuve est venue chambouler mon existence et puis d’autres fois, plutôt une impression de piétiner ou d’avoir réalisé un faux départ.

C'était un 3 janvier 2015, cette nuit-là j'ai dormi pour la première fois dans ce nouvel appartement qui est aujourd'hui encore, mon nouveau chez « nous ». Ce logement (locatif) d’ailleurs, qui se devait provisoire est finalement devenu un refuge sur le long terme. 

(Il est vrai que je m'y sens bien et ma région reste, malgré quelques économies, inabordable pour un achat qui respecterait quelques critères qui me sont essentiels. Comme dit Rabelais : « Tout vient à point à qui peut attendre. ».)

Mais, peut-être, que cela s'ajoute à mon sentiment épisodique, de faire du « sur place ».

Au même endroit depuis 5 ans mais si différente et tellement semblable à la fois. C’est assez étrange comme perception.

Cet évènement de séparation est venu bousculer mes repères, mes croyances, mon idéal.
J’ai découvert mes failles, mes blessures, les causes et les conséquences.
J’ai surmonté des peurs puis j’en ai acquis de nouvelles (eh oui, sinon ce n’est pas drôle), j’ai dévoré des bouquins qui parlaient de moi, du moins de mes fêlures, j’ai suivi une thérapie pour comprendre, me comprendre.

Toutes ces remises en question, en espérant inconsciemment pouvoir remonter le temps, effacer les erreurs et revenir là où je m’étais arrêtée, où nous nous étions arrêtés pour ne plus jamais être séparée de mon enfant.
C’est certainement cette croyance illusoire qui me procure quelquefois ce sentiment d’être toujours au point de départ ou d’avancer modiquement avec cette vie que je tente de reconstruire, car il n'est pas toujours facile de se projeter quand on regarde régulièrement dans le rétroviseur.

Essayer de ne pas comparer et simplement vivre et accepter un parcours différent.

La vérité est qu’à défaut d’avoir véritablement changé, j’ai évolué et ce que j’ai appris, tous ces derniers mois, c’est reconnaitre les causes de chaque émotion qui me traverse, s'il m'est encore difficile de les éviter. Et je crois que c’est une chance inestimable de savoir s’observer, bien sûr que ce serait encore mieux de le faire sans jugement, mais à 41 ans, j’ai encore toute la vie devant moi pour progresser.

Aujourd’hui encore, je suis à la même place, sur ma terrasse, à la différence que je suis en train d’écrire ces quelques lignes. 


Je prends conscience de mon ressenti et je sais pourquoi ton absence est si pesante. Je connais le vide qui m’habite, que tu viens combler. 
Mais ce dont je suis surtout sûre c'est de l’amour que je te porte, et je suis simplement triste de ne pas avoir réussi à t’offrir la vie que j’avais imaginée pour toi et de croire, (à tort ou à raison), que celle que je suis, 5 ans plus tard, aurais peut-être réussi à te la donner.

Voilà par écrit, ma petite introspection rituelle, quand le manque de toi est trop fort.

Demain, je regarderai devant.

En attendant, nous sommes samedi, et le moment présent est bien le plus important, peut-être même que j’irais jouer au ballon.

© Une semaine sur deux 

[ S'en aller ]

Et il est arrivé cet au revoir tant redouté qui vient clôturer notre semaine de complicité.
Quelques jours aromatisés aux secrets avoués, aux devoirs par milliers, aux œufs cassés, aux films visionnés, aux dodos perturbés, aux câlins savourés, aux jeux de société mouillés et à nos fleurs ramassées.
Je t’aime…, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et tellement plus encore que tu ne peux l'imaginer.
© Une semaine sur deux


[ Mon précieux cadeau ]

Nous sommes désormais à 25 jours du confinement.
On prend nos repères, chacun comme on peut, dans ce contexte si particulier.
Bien sûr, comme tout le monde, j’attends avec impatience le retour à la « vie normale ».
Pourtant…,
Il y a dans cette quarantaine un cadeau précieux qui m’est offert : du temps auprès de toi.
Certes, ce ne sont pas les mêmes partages que ceux que nous pouvons vivre pendant les vacances, certes l’enfermement est parfois long, certes, mon travail et la « continuité pédagogique » à satisfaire, amènent quelques tensions, certes l’actualité reste inquiétante et toutes ces contraintes viennent nous rappeler que nous ne sommes pas en repos.

Mais nous sommes ensemble. 

Une semaine sur deux, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.
Moi qui suis privée de toi, une moitié d’année, cette promiscuité forcée est un véritable don.

Evidemment, que j’aurais préféré que ce temps nous soit accordé dans d’autres circonstances, que le monde ne soit pas en souffrance, c’est indéniable, mais puisque je n’ai pas le choix sur les évènements, autant trouver des avantages à ce que je ne peux changer.

Et bien sûr, que cela ne pourra jamais remplacer toutes les périodes où nous sommes éloignés l'un de l'autre, mais ces instants confinés qui ne se reproduiront certainement pas (et cela reste évidemment à souhaiter), il me faut les apprécier tant qu’ils sont là.

Parce qu'aujourd’hui, je n’ai à te partager avec personne ni avec quoi que ce soit.
Pas de cinéma pour me voler ton attention, pas de restaurant pour me voler tes papilles, pas de papy mamie pour me voler tes câlins, pas d'école pour me voler ta présence, pas de copains pour me voler tes rires, seule ta switch reste parfois ma rivale.

Non, jamais nous n’avons été aussi « intime ».

Ce que nous vivons est une expérience unique, alors je veux mesurer ma chance d’être en bonne santé et d’avoir une position qui me permette de continuer la garde alternée : pour râler devant les mathématiques et m’apercevoir à quel point cette discipline m’est antipathique, pour savourer profondément chaque petite bouffée d’air que nous respirons au moment d’aller cueillir quelques pâquerettes (dans notre lotissement), pour passer plus de temps sous la voiture à récupérer le ballon qu’à marquer des buts, pour renouveler d’imagination pour occuper nos journées et t’éloigner des écrans si tentants, en situation d’isolement.

Il y a toujours du parfait dans l’imperfection et je suis heureuse de l’entrevoir dans ce climat pesant.
Et pour preuve, le vide amplifié que tu laisses, un vendredi sur deux, tellement nous vivons nos semaines, l’un « sur » l’autre intensément.

Je suis sûre que beaucoup d’entre vous ont cette sensation de moments privilégiés avec vos proches, même si parfois la proximité constante, l’inquiétude, le travail, les devoirs, la peur,  génèrent irritations et impatiences.

Je terminerai ce texte en ayant une (énorme) pensée pour tous ces parents et enfants, qui sont séparés pendant toute cette longue période, par obligation ou par choix.
J’imagine le manque, la solitude et la tristesse qui vous animent et je vous souhaite des retrouvailles magiques pleines de soulagement et d’amour.

C’est pourquoi jamais je ne voudrais me plaindre d’avoir à vivre, environ 168 heures avec juste TOI, une semaine sur deux.

Prenez bien soin de vous et chérissez ceux qui sont à vos côtés ; c’est un cadeau si précieux.
© Une semaine sur deux

[ Un dessin pour la vie ]

Nouveau jour de confinement.
Nous sommes en train de prendre nos repères dans ce quotidien inhabituel.


Si votre fil d'actualité ressemble au mien, la psychose peut s'installer. Je lis beaucoup de publications de personnes en colère contre celles qui ne respectent pas les règles imposées. Je prends connaissance de l'ampleur et de la gravité de la situation par tous ces témoignages de personnel médical. Certes, ces posts ont l'avantage de nous faire réagir mais ils sont parfois très anxiogènes et viennent aussi amplifier le malaise déjà présent. (Sans compter le vrai du fake).

Je crois qu'il est préférable, parfois, d'éteindre son poste de télévision ou son téléphone portable. Ne serait-ce que le temps d'une journée pour se recentrer sur ce qui se passe là maintenant chez soi, profiter de ceux qui sont avec nous, sans pour autant être dans le déni !
Car, oui la situation est dramatique. Le monde est en souffrance.

Moi aussi j'ai peur et je suis (super) triste pour tout ce qui se passe, pour le personnel soignant, pour tous ceux qui sont si proches de la maladie, pour ceux qui ont déjà perdus un parent, un ami, une connaissance...
J'ai mal pour la France et les Français. Les séquelles seront terribles.

Je voudrais aider, mais à mon niveau, la seule chose vraiment utile que je puisse faire c'est de rester chez moi.

Les rabâchages nocifs et stériles eux, n'aident pas, ils sont angoissants et non productifs.

Alors ce que je vous propose, pour ceux qui le souhaitent, c'est de mettre un peu de gaieté sur nos « murs » et rien de mieux que la spontanéité des enfants pour cela.

Si certains de vos petits protégés, ont envie de faire un dessin que je pourrais publier sur cette page, que ce soit pour leur maîtresse (maître), pour les malades, pour les soignants, pour leurs copains (copines), pour leur animal de compagnie, ou juste du ciel bleu et des fleurs, peu importe le thème, l'essentiel est qu'ils y prennent du plaisir… S'ils veulent même laisser quelques mots...
Je m'engage à publier chaque jour un peu d'eux ici, pour celles et ceux qui aimeraient « jouer le jeu » d'un « dessin pour la vie » !
Je n'aime pas les chaînes des « copier-coller » mais celle-ci a peut-être vraiment une utilité solidaire et citoyenne, alors pour une fois, partagez un maximum !!

Envoyez moi toute votre bonne humeur sur le Messenger de cette page ou ici : semainesurdeux@gmail.com
Prenez bien-bien soin de vous !!




Garde alternée & confinement

"Parole de Maman" m'a proposé une chronique sur la garde alternée & le confinement.





Ce que nous vivons actuellement est sans aucun doute, une situation inédite et nous devons nous adapter chaque jour aux consignes et mesures de prévention mises en place par le Gouvernement. Depuis le 16 mars, il nous est demandé des rester confinés chez nous, de faire du « télétravail» quand cela est possible, nos déplacements sont très limités et soumis à des contrôles stricts, tout ceci dans le but de combattre ou plutôt de réduire l’épidémie du COVID-19 qui sévit en France depuis fin janvier. De ces contraintes, s’en dégage un climat souvent anxiogène auquel la peur de tomber malade vient se rajouter.

Nos enfants doivent aussi trouver de nouveaux repères entre « l’école à la maison », « l’exclusion sociale » et cette atmosphère ambiante plutôt inquiétante.

Quid de la garde alternée dans ce contexte préoccupant ?

Il est autorisé de se déplacer pour permettre aux parents en garde partagée de continuer l’alternance. Pour cela, il est obligatoire de se munir de l’attestation de déplacement dérogatoire. Plusieurs familles ont opté pour la continuité du planning de garde, d’autres auront modifié leurs habitudes le temps que le climat s’apaise.

De par mon blog, j’ai pu récolter plusieurs témoignages de parents à ce sujet.

Certains ont décidé de mettre la garde alternée en « standby » le temps du confinement, par mesure de prévention et de sécurité pour leur enfant. Beaucoup l’ont fait dans un vrai souci de protection et de bienveillance, d’autres, par contre, ont pris prétexte la situation actuelle pour garder auprès d’eux leur progéniture, et pas toujours d’un commun accord, malheureusement. Et puis il y a les compromis pour ceux qui gardent une relation sereine et qui veulent trouver la solution la plus adaptée pour eux, mais aussi pour leur enfant. Le travail à la maison n’étant pas toujours compatible à mettre en place avec la « continuité pédagogique » de l’école, qu’il nous est demandé d’assurer, alors on s’accorde, en fonction des obligations de chacune et de chacun.

Il y a aussi des enfants qui ont fait le choix, d’eux-mêmes, de rester confinés chez l’un des parents, pour éviter d’être contaminés par le virus. Une décision, loin d’être évidente pour le papa ou la maman « délaissé(e) » mais souvent comprise et acceptée pour permettre à l’enfant de vivre au mieux, cette situation particulière. Car oui, l’angoisse est parfois bien présente pour eux également.

Etre séparé de son enfant, une semaine sur deux, n’est déjà pas simple, mais être éloigné quand le monde va mal, devient encore plus pénible à vivre.

Notre instinct de protection, de survie, se révèle.

J’ai la chance d’avoir totalement confiance en le père de mon fils, nous continuons sur notre mode habituel. Et même si j’aimerais être auprès de mon garçon, tellement plus encore durant cette période troublée, je sais que son papa respecte toutes les mesures mises en place. Nous communiquons par Visio beaucoup plus régulièrement avec mon petit bonhomme.

Seulement, j’ai conscience que ce schéma n’est pas dominant et qu’il y a des femmes et des hommes soucieux et inquiets de savoir si leur ex conjoint(e) ne dérogent pas aux règles imposées, si les dispositions sanitaires sont bien suivies…

« A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. »

Je crois qu’il faut juste essayer d’ajuster nos besoins et ceux de nos enfants, pour que chacun puisse vivre ce confinement de la meilleure façon que possible.

Il y a des belles choses à découvrir dans cet isolement temporaire. Pour reprendre une phrase de Monsieur Patrick Sébastien : « Plus les sièges se sont écartés autour de la table par précaution, plus nos âmes se sont rapprochées ».

Et cette expression « prenez soin de vous et de vos proches » qui prend tout son sens aujourd’hui.

Essayons, les uns, les autres, de vivre le plus positivement possible cette période tourmentée, pour que d’un malheur, naisse un bonheur (des retrouvailles ?)




© Une semaine sur deux

[ La confiance en soi ]

Ah cette fameuse confiance en soi, un combat de tous les jours ! 
Une qualité mise à mal après une séparation, un échec ou une difficulté de la vie, mais qui revient (en principe) au centuple, une fois l'épreuve surmontée.

En ce qui me concerne, c’est une lutte inégale, où je perds, la plupart du temps. 

J’ai cette faculté à me remettre régulièrement en question, et on peut dire que je ne suis pas toujours tendre avec mes défauts. Je me malmène constamment même si j’essaie de faire preuve d’un peu plus de douceur et de tolérance envers moi-même. 

Parfois je m’arrête, je regarde le chemin parcouru et je me dis : Waouh ! Tu reviens de loin, et alors là, quelle fierté ! Mais cette assurance est généralement, de bien courte durée. 

Pour tenter de m’apprécier un peu, je recherche la reconnaissance. 

J’ai un besoin viscéral que l’on me rassure constamment,  en me confirmant que je suis une : « fille bien », « pleine de charme » « intelligente » « remplie de qualités » « talentueuse » « attentionnée » et tellement plus encore… 



Parce que moi, je pense tout le contraire, tout le temps ! 


Alors pas la peine de chercher dans les bas-fonds de mon enfance pour savoir d’où vient ce peu d’estime, croyez-moi bien que la question et la réponse m’ont été apportées. 
Car peu importe la cause, la conséquence est là et il faut faire avec … tous les jours ! 

La confiance en soi, ça s’apprend mais comme tout apprentissage, c’est mieux de commencer très tôt ! 

Il n’y a rien de plus destructeur que la dévalorisation de soi. 
C’est un poison qui vous fait vous comparer et envier les autres. 
Vous savez, les autres, ceux qui ont tout mieux que moi ! 
Ils sont plus riches, ils sont plus minces, ils sont plus beaux, ils sont plus indépendants, ils sont plus grands, ils ne sont pas divorcés, ils ont un good job, ils ont une grande maison, ils ont une belle voiture, ils font de chouettes voyages, ils ont beaucoup d’enfants, ils ont trop de beaux cheveux… 

Je n’ai jamais eu la jalousie méchante et je suis sincèrement heureuse pour celles et ceux qui réussissent. Mais j’ai souvent mis ces personnes sur un piédestal en pensant que je ne serais jamais à leur « hauteur ».

C’est incroyable comme on peut s’automutiler avec de simples pensées. 

Oh bien sûr, il y a des domaines plus fragiles que d’autres. 
Mais je suis assez douée pour douter de moi, ... sur tout ! 

J’ai longtemps cherché à dissimuler cette faiblesse en faisant croire que … même si tout le monde n’est pas dupe et que certains savent très bien lire entre mes lignes. 

Mais je dois être fatiguée de faire semblant. 
J’ai décidé de ne plus me cacher et de m’avouer humblement, que même après 40 ans, je n’ai toujours pas confiance en moi. 
Je continuerai la bataille pour prendre chaque jour un peu plus de conviction pour avoir foi en mes capacités… Et aujourd’hui est une première victoire de m’accepter simplement avec cette imperfection, qui fait aussi entièrement partie de qui je suis ♥ avec toute la sensibilité qui me caractérise.



© Une semaine sur deux

[ Coronavirus ]

Bonjour,

La plupart de mes publications sont programmées et les prochaines à venir n’auront pas de lien direct avec l’actualité.
Je tiens à le préciser, car sur mon blog, se trouve un texte sur « la survivance » à paraître, et je ne voudrais pas d’amalgame par rapport au contexte actuel.

Je vais quand même partager quelques mots sur ce sujet omniprésent, mais ce sera certainement mon unique témoignage.
Les médias envahissent nos foyers et je ne veux pas rajouter une « lourdeur » à cette agitation du moment, ni créer de polémique supplémentaire.
Je vous avoue d’ailleurs, ne plus écouter les informations (et depuis bien avant cet épisode de pandémie) pourtant croyez-moi, je n’échappe à aucune déclaration importante.
Celle-ci m’est forcément relayée d’une manière ou d’une autre mais j’ai fait le choix de ne plus laisser la négativité des journaux télévisés imprégner mon quotidien.

Je sais que pour beaucoup d’entre vous, la situation est difficile à gérer voire même (très) anxiogène.
Et ce, quelle que soit votre situation familiale ; c’est tout à fait compréhensible et légitime.
Moi-même, je ne sais pas encore comment tout organiser, entre la garde de mon fils, le travail d’école à la maison, mon boulot et ses contraintes, nous préserver et surtout protéger mes proches. Mais je crois que je n'aurais plus à me poser de question très prochainement ... 
Si je ne pense pas que nous soyons des personnes dites « à risques », je ne voudrais pas véhiculer le virus à d’autres pour les affaiblir et surtout ne pas alourdir la charge actuelle des services hospitaliers pour ne pas priver les personnes fragiles d’un soin prioritaire.
Voilà pourquoi le confinement est préconisé ; car certes, si cette maladie n’est pas « dangereuse » pour la plupart d'entre nous, elle l’est pour une certaine catégorie de personnes, et en restant le plus isolé possible, l'occasion de « sauver des vies » nous est donnée.

« Comme à tout malheur, quelque chose est bon. »


Ralentir le rythme, s’arrêter quelque temps, pour se recentrer, ne peut pas être complètement mauvais.
Nous allons devoir trouver des occupations différentes, et je suis certaine que des belles choses vont émerger.
Il va falloir être créatif, imaginatif, solidaire…
Moi, je l’ai déjà remarqué, dans mes échanges amicaux ou familiaux, où chacun s’exprime sur ce qu’il se passe, je sens une communication différente, bienveillante.
Tout le monde, bien sûr, a son avis, ses inquiétudes, ses préoccupations, parfois différents, mais chacun espère la santé à l’autre.

Le Président de la République doit s'exprimer ce soir à ce sujet. Il est indéniable que de nouvelles mesures de prévention vont être mises en place.
Alors voilà, je vous souhaite de prendre le recul et la distance nécessaires pour ne pas sombrer dans une paranoïa qui ne ferait que vous porter préjudice.
Je reste persuadée que notre état d’esprit influence sur notre équilibre, sur notre constitution physique.

Cette phrase « prenez soin de vous » prend désormais tout son sens.

Et puis, pour terminer ce post sur une note plus légère, pourquoi ne pas mettre ce temps à profit pour apprendre à fabriquer du papier toilette artisanal avec quelques feuilles d'arbres par exemple ?! 
Et à toutes fins utiles, je rappelle ici la recette des pâtes fraîches : de la farine, des œufs et du sel ! 

Aller, la vie continue !

Avec toute mon affection, je vous envoie (avec un masque) mille courages !

© Une semaine sur deux

[ La survivance ]

Depuis ma séparation, je suis en survivance.
Oui, je sur-vis. 
Bien sûr que je profite pleinement des instants d’euphories et de bonheur qui me sont offerts, parfois intenses, parfois plus discrets voire silencieux. Comme je le dis souvent, ces fragments là sont savourés à leur juste valeur parce j’en connais leur authenticité. 
Puis, comme tout à chacun, je supporte des passages de doutes, de pleurs et d’introspection. 
Peut-être plus nombreux depuis mon changement de vie mais plus fugaces aussi. 

Pourtant, j'éprouve un manque, même dans mes moments de joies, pour être totalement épanouie. 
Mon fils à temps complet me direz-vous ; c’est incontestable ! 
Mais je ressens une autre absence, moins évidente.


Il y a 5 ans, ce n’est pas seulement d'un homme, d'une relation, d'une maison,  de projets, d'une vie de famille dont j’ai dû faire le deuil, mais c’est également d’une subtile INSOUCIANCE, dont il a fallu me séparer.
Une légèreté d’âme, différente de celle d’un enfant bien évidemment, mais quand même, une certaine désinvolture.



Oui, j’ai trouvé ce dont je suis privée désormais, ce petit sentiment (si important), qui me faisait ne jamais me réveiller la nuit, qui ne me provoquait pas de maux d’estomac. Grâce à lui, je n’avais pas à me concentrer sur ma respiration pour tenter d’apaiser une angoisse. 

Cette perception abstraite est souvent dissimulée derrière une sécurité affective et/ou une sécurité matérielle. Cela nous assure une confiance concrète mais discrète, qui nous procure cette imperceptible « liberté d'esprit ». 


Paradoxalement, les difficultés infligées par la vie, nous rendent plus fort(e) mais les épreuves viennent aussi révéler nos fragilités. 

On perd alors cette sensation de « sûreté » que l’on peut éprouver quand on pense que tout ira bien voire même que tout nous est dû quand on suit le chemin tracé. Même si on s'imagine savoir, on ne réalise jamais vraiment que tout peut s’arrêter du jour au lendemain, tant que cela ne nous est pas arrivé. 

On n’a jamais véritablement conscience que l’on peut tout perdre, à tout moment ! 



Je me rends vraiment compte désormais, que plus rien ne sera comme avant.
Et parfois cette vérité me fait peur. 

Même si ce chapitre inédit de ma vie me procure de nouvelles satisfactions, même si j’ai acquis plus de maturité et de confiance, j’ai la nostalgie de cette insouciance qui ne reviendra pas. 

Est-ce parce que je n’ai pas encore réellement « recomposé » ma vie ? Pas encore fait le deuil d’un idéal ou d’un passé ? Parce que je ne suis pas encore « au bon endroit » ? Parce que je vieillis ?
Possiblement, un peu tout cela à la fois ! 

Alors certes, j’ai perdu un pouvoir précieux pour devenir une « survivante » mais j’ai donc remporté la faculté de renaître. 

© Une semaine sur deux