[ Ne jamais dénigrer l'autre parent ]

"Ne jamais oublier qu'un enfant, c'est un peu de sa mère, et un peu de son père.

Si on dénigre un des parents c'est comme si on rejetait son propre enfant. Cela peut être destructeur."


C'est une des préconisations de la médiatrice familiale que nous avions consulté au moment de notre séparation. Depuis cette phrase a résonné en moi comme un mantra et je me suis assurée de ne jamais parler de son père, de façon négative. Bien au contraire, il est présent au quotidien dans nos conversations, dans ses appels, dans ses dessins, dans les photos, et même sur sa liste de supers héros.

Et je peux témoigner de l'impact positif sur l'équilibre émotionnel de mon enfant d'avoir su garder des relations sereines d'avec son père.

Je sais que certaines ruptures peuvent être compliquées et dévastatrices. Il peut rester beaucoup de rancœurs, j'en ai bien conscience. Et que parfois même la situation puisse vous échapper et qu'il vous est impossible d'apaiser le sentiment de rage et de colère que pourrait ressentir votre ex à votre encontre ou que vous pourriez avoir à son égard. 

Mais je sais aussi que le respect est la première base pour l'épanouissement de l'enfant confronté à vivre cette situation bouleversante, qu'est la séparation de ses parents.
Dans certains cas, pour se préserver, il est peut-être nécessaire de faire appel à une aide extérieure comme la médiation familiale, qui pourra aussi aider à trouver des modalités de garde qui pourraient limiter certains conflits existants ou à venir.

Nos enfants sont des victimes de certains naufrages, alors donnons leur toutes les bouées en notre possession qui leur permettront de sortir la tête de l'eau et de nager en eaux calmes. 

Votre enfant c'est lui et vous ♥ Votre enfant c'est elle et vous ♥

© Une semaine sur deux


[ Quand parfois, les rôles s’inversent. Lettre à mon fils ]

A toi mon fils qui me console quand je pleure.
Qui me dit de ne pas m’inquiéter même quand tu n’es pas là, que tu penses à moi.
A toi mon petit trésor qui vient me réconforter avec tes câlins et tes bisous, en me chuchotant que je suis la meilleure maman du monde et que tu me remercies même d’être ta maman ()

Quand parfois les rôles s’inversent, je m’en veux tu sais, quand tu viens essayer d’apaiser mes chagrins.

Ces pleurs que tu ne comprends pas toujours d’ailleurs.
Et même si mes peines sont moins nombreuses que mes joies désormais, il arrive encore que des  larmes coulent sur mes joues après un simple coup de téléphone. Alors tu es là, impuissant et pourtant tellement réconfortant.
Parfois je t’explique que ce sont des histoires de grands parce que je veux te protéger, je ne veux surtout pas que tes épaules, bien trop petites, portent de choses trop lourdes, parce que je sais à quel point ton enfance est précieuse et qu’elle déterminera ton avenir.   
Mais, toi tu veux savoir, tu veux comprendre, parfois je t’explique, parfois je te mens, sache que je crois toujours bien faire.
Parfois j’arrive à attendre que tu sois couché pour m’effondrer, envahie par des soucis d’argent, des peines de cœur, les pressions du travail … ces tourments qui créent ces réveils nocturnes de la vie d’un adulte. Et parfois je n’arrive pas à différer.

Comme cette fois où je me suis noyée dans mes larmes parce que c’était un vendredi, jour de séparation, et que nous venions de partager une semaine magique.
Ensemble on a su trouver les mots : « c’est normal », « ce n’est pas grave », « c’est parce que l’on s’aime », « on a le droit d’être triste » « ça passera » « ce n’est pas de ta faute du tout » « c’est parce que c’était super » « en fait, ce sont des larmes de joie »
Je sais t’expliquer que parfois maman est triste, préoccupée et mettre des mots sur mes ressentis, t’apaisent je le sais. Tu ne culpabilises pas et c’est là tout ce qui m’importe. Tu n’es pas inquiet ni angoissé, et tu retrouves cette insouciance de ta vie d’enfant.

Mais je m’en veux tu sais, quand parfois les rôles s’inversent.

Ta maturité me bouleverse.

Quand tatie est venue nous annoncer qu’elle attendait un 2ème bébé et que tu m’as dit que toi aussi tu voudrais bien « un petit frère ou une petite sœur, mais plus une petite sœur », quand mon cœur s’est serré et que les larmes montaient parce que je ne pourrais surement jamais  nous offrir cela. Tu as tout de suite rétorqué « mais non maman, en fait tu sais on est bien tous les deux, avec un frère ou une sœur on se chamaillera de toute façon»
Oh mon grand garçon, tu as tellement le droit de désirer un frère ou une sœur comme il te faudra accepter que la vie ne te donne pas ce cadeau, mais je suis sûre que c’est pour une bonne raison et que tu trouveras dans l’amitié, ce lien fraternel qui peut être parfois tout aussi authentique.

A toi mon petit bonhomme, qui joue le rôle de « l’homme de la maison, « heureusement que je suis là hein maman pour t’aider », (1min30 avant de retourner à ton dessin animé).

Oui, rien de tel pour booster la confiance en soi que de se sentir responsabilisé. On est une équipe et quelle équipe !

A toi mon bébé, je veux que tu profites de ces moments de légèreté avant que la vie d’adulte ne te rattrape. Nos fous rires,  ta joie de vivre, les félicitations de la maitresse me confortent dans le fait « que tu vas bien ».
Mais je m’en veux tu sais, quand parfois les rôles s’inversent.

A toi mon titou, je ne fais peut-être pas toujours « comme il faut », même si mon désir est de te protéger, surement, que parfois, je faillis à ma mission, mais quand les rôles s’inversent je me rends compte à quel point notre amour est fusionnel. Et je me fous des jugements des autres qui diront que ce n’est pas bien, je les mets au défi de venir vivre dans nos baskets,  « c’est toi et moi contre le monde entier » car en collectivité, tu sais te dégager de ce lien qui nous lie, tu n’es jamais « sous mes jupons ». Je suis bluffée et rassurée devant ce « parfait équilibre » que tu as su te trouver.

Et même si ces situations se raréfient, quelle belle leçon de vie et d’Amour quand parfois, les rôles s’inversent.
A toi mon fils, je veux te demander pardon et te dire merci du fond du quand, parfois les rôles s’inversent et que je vole un peu de ton innocence.
  
Je t’aime plus grand que l’infini,
Maman



© Une semaine sur deux

[ Une page se tourne... encore ]

La vie est une succession de pages qui se tournent.
On change d’école, de travail, d’amis, d’amoureux(se), de maison, on évolue, on change, on avance.
Le passé se transforme en souvenirs et on fait des projets pour rendre notre futur meilleur.
C’est le cycle de la vie.

Quand on a un enfant, la notion au temps n’est plus la même.
Désormais, on vit au rythme de leurs progrès et ils vont si vite que nous ne voyons même plus les années s'écouler.

On est devenu maman (ou papa) presque du jour au lendemain ;  on est ressorti de la maternité avec un bébé et on se retrouve, 6 ans plus tard, maman d’un petit bonhomme.


6 ans … C’était hier pourtant.


Il a d’abord fallu dire au revoir au landau, au cosy et maintenant il me faut faire un adieu au siège auto pour laisser la place au rehausseur.

Vous pouvez bien me dire qu’enlever un siège auto est d’une banalité qui ne mérite aucune larme ou nostalgie, mais c’est encore, pour moi, une nouvelle étape après avoir dû laisser s’en aller la poussette, la sucette, les couches, la petite souris, nounou, le père noël, la maternelle…

Il y a quelques années, je m’étais persuadée que je revivrais ces moments, alors ce pincement au cœur à chaque nouvelle avancée n’est pas uniquement parce que je perds chaque jour un peu plus de mon bébé, mais aussi parce que ces premières fois n’auront pas de deuxième vie.
Pas dans la mienne en tout cas, mais titou aura, cet automne, un nouveau cousin ou une nouvelle cousine et j’espère pouvoir ressortir tout ce que j'ai entassé dans ma cave et au grenier pour les voir graviter autour de nous encore un peu temps avant que tout ne disparaisse pour toujours ♥

Aujourd’hui, une page se tourne.

© Une semaine sur deux

[ HB ]

Aujourd’hui nous sommes vendredi, il est 6h20. 
(publication programmée, là, pour de vrai, je dors)

Je suis née un vendredi, à 6h20 … il y a 39 ans.

C’est bizarre je n’aime pas bien les chiffres impairs, allez donc savoir pourquoi 
#unesemainesurdeux
#semainepaire

J’ai souvent été « la plus jeune » dans mon cercle amical, professionnel, … et je n’aime pas bien me faire détrôner de ce titre.

Pourtant ce 23 mars 2018, à l’aube des 40 ans, bizarrement je ne veux me sentir ni déprimée, ni dépitée.

Oh que oui j’aimerais pouvoir enlever 6 à 8 années sur mon corps, estomper quelques rides, faire disparaître ces @&#$ de cheveux blancs, assumer une nuit écourtée sans mettre dix jours à récupérer, me foutre de mon horloge biologique en me vantant d’être encore «super  jeune » pour être de nouveau maman !

.../...

Je n’ai pas de baguette magique et vous ?

Alors autant essayer de vivre au mieux ces passages inéluctables n'est-ce pas.

Et puis il y a suffisamment de stress et de difficultés dans une année de vie pour se lamenter parce qu’il y a désormais une bougie supplémentaire sur le gâteau

On vieillit sur le plan physique certes mais on s’embellit avec la maturité  (à part, peut-être, quelques exceptions ) 
On est plus forte, plus confiante, on s’assume enfin (ou presque), on acquiert une certaine stabilité et un équilibre émotionnel, on se sent plus sensuelle aussi, plus vivante.

Les anniversaires sont souvent période de rétrospection et sur cette décennie écoulée, je me rappelle quelques évènements marquants :

- Ma belle fête des 30 ans,
- La naissance de mon Amour de Titou
- Ma séparation,
- La garde alternée,
- Un amour impossible,
- La perte de mes grands-parents chéris.

Des joies, des drames, comme tout à chacun.

Alors je sais que je vais encore connaitre des déceptions, des petites, des grandes mais aussi du bonheur parfois léger, parfois inoubliable, ... d’ici les heures, les jours, les mois, les années à venir mais je ne veux surtout pas les manquer, et si, pour agrandir ma collection de souvenirs, il me faut une autre ride et un nouveau cheveu blanc, alors je veux bien me résigner ! (Un jour, mon prince viendra, je serai vieille, grosse et moche et ce sera bien fait pour lui !)

Je ne peux pas m’empêcher de vieillir mais je peux sûrement m’éviter de m’inquiéter de vieillir.

Si je l’accepte, si je suis sereine et apaisée alors je serais belle à travers mes 39 ans

On dit souvent que l’âge est dans la tête moi je crois qu’il est dans le cœur.
S’aimer avec ses imperfections, pour se regarder « mûrir » avec compassion et bienveillance.

Voilà comment je souhaiterais apprivoiser ce nouvel « Happy Birthday »
En faisant fructifier ma « bonne santé du moment » pour ajouter de la vie à mes 60 prochaines années ! (ben ouais l'espoir fait vivre c'est bien connu !)

Cette vie qui m’a été donnée un vendredi 23 mars 1979 à 6h20.


« Il faut beaucoup de courage pour aimer les femmes marquées par le passé, celles qui ont un fort caractère mais un bon cœur. Il faut beaucoup d’amour pour soigner les blessures et les désillusions. Mais par-dessus tout, il faut être intelligent, parce qu’elles sont si matures et si expérimentées qu’elles ne croient plus à ce qu’elles ressentent, mais plutôt à ce que vous êtes prêts à faire pour elles. »
« Walter Riso »

[ Rosacée oculaire ]


Je ne crois pas avoir encore évoqué la fragilité singulière de Titou. 

Il souffre d’une rosacée oculaire accompagnée de blépharite. 

C'est-à-dire une inflammation du bord libre de la paupière là où se trouvent les cils. C’est un dysfonctionnement des glandes de Meibomius qui se bouchent et s’enflamment.
Il faut les vider régulièrement en massant les paupières après avoir appliqué un masque chaud pour ramollir les sécrétions. Il faut aussi lutter contre la sécheresse oculaire en appliquant des larmes artificielles et des collyres.

Cette pathologie a été diagnostiquée à l’âge de 2-3 ans en même temps que son hypermétropie.

Je me rappelle le surprendre en train de se « taper » les yeux dès qu’on allumait la lumière. 

Nous l’avions alors emmené consulté un médecin ophtalmologue. J’étais loin d’imaginer qu’il pouvait avoir une sensibilité particulière à ce niveau-là et je ne pensais pas ressortir de ce rendez-vous avec une ordonnance pour des lunettes et des gouttes à administrer. 

3 ans plus tard, l’état de ses yeux ne s’améliore pas, je dirais même que nous avons atteint une phase critique. Sa vue pourrait diminuer de manière irréversible. 

Je m’explique :

"L'hypermétropie est le plus souvent due à un œil trop court. L'hypermétrope a des difficultés pour voir de près et pour lire, il voit généralement assez bien de loin. Contrairement au myope qui n'est gêné que pour voir de loin. Chez les enfants, avec la croissance, leurs yeux s'allongent et elle se corrige d'elle-même, généralement vers l'âge de dix-douze ans. Par contre il arrive qu'un enfant ait une hypermétropie forte. Elle ne s'améliore souvent pas ou peu avec le temps."

Et la rosacée oculaire de Titou accentue de manière considérable son hypermétropie.

Le traitement prescrit est assez contraignant et ces quelques derniers mois, son père et moi avions relâché la pression, encouragés par les bons résultats obtenus au mois d’octobre 2017 après notre rendez-vous trimestriel avec le spécialiste.

Bien mal nous en a pris, puisqu'à la dernière consultation de Titou chez l’ophtalmo (février 2018), celui-ci nous a alerté sur l’inflammation importante de sa cornée avec une incidence sérieuse sur la qualité de sa vision mais surtout, si sa vue continuait de baisser, les conséquences seraient dommageables. En effet, si on atteint un seuil critique (3/10°) on ne pourrait plus revenir en arrière, sa vue ne pourra plus jamais se corriger (…)

Vous imaginez bien comment j’ai culpabilisé d’avoir diminué mes efforts sur les soins quotidiens. 

Nous revoilà donc avec un traitement intensif, 3 collyres différents avec des prises de 3 à 10 fois par jour (!)

Un masque chauffant le soir (et matin...) en complément d’un massage des paupières, une crème à appliquer avant le coucher. 

J’ai même dû mettre en place un PAI (Projet d’Accueil Individualisé) à l’école pour qu’ils puissent lui administrer les collyres tout au long de la journée.

Il y a des enfants asthmatiques, allergiques, diabétiques … le nôtre à une rosacée oculaire.

Il existe aussi des maladies bien plus graves et nous savons relativiser. 

Je reste cependant très inquiète pour la suite car je ne perçois aucune amélioration depuis un mois. 

Cela fait désormais partie de notre quotidien, de son quotidien, alors on n’en parle presque pas ou peu, même si, souvent, ce rituel journalier est pesant et lourd pour lui (comme pour nous).

C'est pourquoi aujourd'hui, il me tient à cœur, par cette précision, de souligner son courage et sa docilité car ce n’est pas, ne l'oublions pas, une routine ordinaire dans la vie d’un petit garçon !

Cette maladie, cette fragilité, ne lui enlèvent rien de la beauté de ses yeux bleu-vert ♥

Ses yeux que je me dois désormais d'admirer à travers des verres anti-reflets.



[ Partir ]


Depuis quelque temps, l’envie de partir se fait ressentir en moi.
Mais partir, vraiment, pas juste le temps d’un week-end, non genre pour toute la vie.
Déménager, changer de région, changer de travail, tout recommencer à zéro … ailleurs.

C’est une idée, une envie, qui n’aurait jamais pu émerger dans mon esprit,  il y a quelques années.
Mes racines étaient ici, il m’était inconcevable d’imaginer m’éloigner de mes origines, de mes monts du lyonnais, de mes parents, de mes sœurs.

Mais avec le temps, les épreuves, les remises en question, on se rend compte que l’on n’est peut-être pas aussi proche de sa famille qu'on l'aurait souhaité. 
On se sent moins dépendante.
On apprend à vivre et gérer seule son quotidien, alors pourquoi pas ?

Autre part, je pourrais acheter ma petite maison dans la prairie, les prix sont parfois plus abordables qu’ici. Je chercherai un nouveau travail, je ferai de nouvelles connaissances, mes amis, ma famille devront venir me voir tout un week-end ou même passer quelques jours et peut-être que cet éloignement nous rapprocherait finalement.

Alors qu’est-ce qui me retient ? Mon fils bien évidemment !

Titou aura seulement 7 ans dans quelques mois. Comment partir.
Renoncer à mes 7 dodos,  « une semaine sur deux »,  pour l’avoir seulement deux week-ends par mois.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette idée m’a traversé l’esprit, mais il a encore besoin de moi auprès de lui et il me manquerait beaucoup trop.
Je ne peux pas le soustraire à son père non plus, je n’en ai ni le droit, ni l’envie.

Son papa, son école, ses copains, toute sa vie à seulement 10 minutes de ma maison.
Je ne peux décemment pas partir en l’emmenant avec moi et comment partir sans lui. Mon bébé, mon seul bébé ♥

Pourtant si vous saviez comme l’envie de m’évader est là.
Peut-être que je cherche à fuir quelque chose, sûrement même.
Mais quoi donc, qui donc ?
Je n’arrive pas à savoir ce à quoi je veux échapper. Mon passé ? Mon futur ?

Et si c’était juste le sentiment de ne plus avoir ma place ici, de ne plus avoir d’attaches, hormis mon petit cœur de titou.

Alors on verra quelle tournure prendra ma vie ces quelques prochaines années, mais il se peut bien, que lorsque mon fils aura assez d’autonomie et d’indépendance, quand la garde alternée aura atteint ses limites, ... que je boucle ma valise pour aller vers d’autres horizons.

© Une semaine sur deux

[ Complicité ]

Ce week-end, j’ai décidé de me mettre à la course à pied.
Ce n’est pas ma première tentative, et ce n’est certainement pas mon sport préféré. Mais j’aimerais bien me débarrasser de mes quelques kilos superflus avant cet été et en complément d’une alimentation équilibrée c’est (malheureusement) l’activité sportive la plus efficace il me semble.

J’ai attendu d’avoir mon titou avec moi, pour m’y mettre, histoire de trouver LA motivation. Il prendrait son vélo, je le suivrai et on commencerait par une courte durée…  
Mon plan d’action était parfait. Mais c’était sans compter sur le « syndrome d’imitation » chez l’enfant : « Maman, je veux courir avec toi !! »
Après réflexion, je me suis dit pourquoi pas, à 6,5 ans, il a des jambes toutes neuves et il n’y a pas d’âge pour commencer.
Nous sommes donc partis, gonflés à bloc, tous les deux avec nos montres connectées et nos écouteurs de musique (ben oui c’est tout pareil que maman ou pas...)

1,2,3 partez !

A 500 mètres de la maison,  j’ai dû faire face à la dure réalité : titou est une pipelette et ses jambes une illusion d’optique certainement (…)

Ce fut, malgré tout, une jolie balade, un de ces moments de complicité que nous affectionnons tant.

Il est là, le bonheur !   

Peu importe si l’objectif premier s’est quelque peu égaré en chemin,  prendre ce temps avec lui vaut bien tous mes bourrelets du moment !

De cette garde alternée, c’est cette complicité qui m’est offerte qui me fait parfois aimer n’avoir qu’un seul enfant.
Cette tendresse particulière qui nous unie, je sais qu’elle est liée à la situation mais aussi et sûrement parce qu'il est un enfant unique.

Dans chaque vie, il y a des avantages et des inconvénients et si je sais très bien reconnaitre mes inconvénients, je sais aussi apprécier mes avantages.

Ces instants que je qualifie de « parfaits » existent pour chacun d’entre nous, séparés, unis, enfant unique, famille nombreuse, ils sont identiques et  différents à la fois.
C’est toute la richesse de nos destins.

Voilà, nous sommes rentrés, fiers de notre parcours « bon pour la santé » et nous avons dégusté une pomme au four (si) légèrement recouverte de miel,  en guise de réconfort !
Et tant pis pour mes kilos, ils attendront bien « une semaine sur deux ».

Il est là le bonheur ! ♥♥♥

© Une semaine sur deux

[ Coup de blues ]

Il y a peu de temps, je me suis écroulée en pleurs.
Et oui cela m’arrive encore et je sais que ce ne sera pas ma dernière peine.
C’était une semaine sans mon fils. Il me manquait un peu plus que d’habitude.
Je me demandais ce qu’il était en train de faire et ce que j’étais encore en train de rater.
Comment, moi sa maman, je ne pouvais pas être présente dans sa vie, dans son quotidien,  182,5 jours par an ?!
Certes, nos semaines à nous sont riches et je sais que son papa vit la même privation mais ce soir-là c’était comme un trop-plein, une injustice. Je ne pouvais plus m’arrêter de pleurer.

Que soit béni celui qui inventa la caméra, les "skype" et autre "Whatsapp" mais Titou n’est pas très bavard sur ses activités des semaines impaires.
Il racontera plus tard, quand  une action ou un objet lui rappellera un événement, mais sur le moment présent, il ne se livrera pas ou peu, spontanément.
Sa mémoire, si vive d’ordinaire, lui fait énormément défaut devant mes (trop ?) nombreuses interrogations.
C’est assez frustrant je dois dire mais je le respecte. Il a le même comportement réservé avec son père.

C’est ainsi. Je relativise en me disant qu’il vaut mieux avoir son enfant une semaine sur deux que pas du tout mais, malgré tout, il y a encore des périodes, des moments où cette absence, ce vide, ce manque de lui, les semaines paires, sont difficiles à supporter.

Il suffit parfois d’un petit coup de déprime, une fatigue passagère, une nostalgie, une difficulté rencontrée, pour accentuer ce malaise. Je sais que cela passera et j’accepte simplement d’aller moins bien de temps en temps.

Oui j'ai le droit d'être en carence de mon bébé car même si un jour je devais retrouver un équilibre amoureux, affectif, qui viendrait combler quelques instants l'absence de titou, il est certain qu'il manquera toujours 182,5 jours par an, à ma vie, de lui ♥

Personne ne pourra me rendre ces temps de vie mais je le sais heureux, et c’est bien là l’essentiel.


© Une semaine sur deux

[ Bien être ]

Voici quelques lectures que je conseille à tous celles et ceux intéressé(e)s par le développement personnel, qui souhaitent mieux se comprendre et trouver des pistes pour un avenir plus serein.
Plus d’informations sur le site internet de Lise Bourbeau : www.lisebourbeau.com/fr



« Il ne faut pas attendre d’être parfait pour commencer quelque chose de bien » (Abbé Pierre)

[ Ma solitude ]

Parfois mon amie, parfois mon ennemie.
Parfois je la recherche, parfois je la fuis.
Il faut savoir faire la nuance entre avoir peur d’être seul(e) et ne pas aimer être seul(e).
J’ai été pendant longtemps dans la première catégorie.

Mais depuis ma séparation où la solitude est parfois (souvent) inévitable, où vous n’avez pas d’autre choix que « d’assurer », vous vous découvrez des ressources insoupçonnées.

Vous faites face, parfois tremblante, fragile, un peu maladroite aussi devant les difficultés, les nouveautés, les imprévus, les tâches qui avant, incombaient à Monsieur, mais une fois l’obstacle surmonté, quelle fierté !
Un sacré fortifiant pour la confiance en soi.
Et aujourd’hui je me rends compte que j’étais peut-être la seule à douter de moi.

Pendant longtemps cette solitude me terrifiait mais je crois que je n’en avais pas réellement conscience. Désormais cette crainte explique tellement d’expériences vécues dans ma vie passée.

Imaginez combien il était improbable que les choses puissent évoluer quand le mal puise sa source de très loin, peut-être même avant que je ne sache lire et écrire.

A présent je suis moins effrayée et comble de l’ironie, je me découvre d’une nature solitaire. Je préfère les tête-à-tête avec mon fils, les soirées film sous la couette, la lecture à la lueur d’une bougie, cuisiner, écrire, m’ennuyer même (!) à l’agitation, aux sorties à tout prix pour fuir ce silence, ce silence tant redouté auparavant.

Les mauvaises langues auront le droit d'évoquer mon âge (qui arrive à maturité certaine), comme un élément important de cette étape de vie, car c'est bien une vérité aussi.

Cela ne signifie pas que je vis en Hermite. Je sors et je reçois aussi souvent que le cœur m’en dit et aussi (un petit peu beaucoup) quand mes finances me le permettent.

Je veux me faire plaisir et j’ai appris à dire non simplement, parfois, sûrement même, un peu égoïstement.

Sans doute également, un besoin passager de m’isoler comme pour me protéger. Parce que rien n’est acquis, rien n’est simple non plus. Une victoire aujourd’hui, une défaite demain. Je prends ce temps, essentiel à mon équilibre, je panse mes blessures « doucereusement » pour ne plus jamais avoir peur !
Car la vérité, rien que la vérité : j’aime être seule … à deux.
Je suis toute aussi impatiente de partager un jour, mes moments de solitude avec un homme plus âgé que 6 ans !
Mais en attendant, je sais que ces temps d’introspection sont nécessaires alors autant les apprivoiser car il se peut assurément que je les regrette une fois mon univers parfait infesté de chaussettes sales et mon bac à légumes encombré de bières.

Ma solitude, je la déteste tout autant que je l’aime  ♥


[ Instinct Maternel ]

Encore une conséquence de la garde alternée ; quand ton enfant est malade  et qu’il n’est pas avec toi (…) On sait qu’ils sont entre « de bonnes mains », que l’autre parent s’occupe bien de lui (elle) mais … on voudrait être là pour le (la) consoler, l’embrasser, le (la) soigner, le (la) dorloter, le (la) rassurer.
Titou m’a téléphoné tôt ce matin pour m’annoncer ses petits ennuis de la nuit. Il a besoin de moi et je ne suis pas là (...) Je sais qu’il est « grand et courageux », que ce n’est rien de grave et que son papa veille.Alors pourquoi ce sentiment d’impuissance ?! Cette culpabilité au fond de moi comme si je manquais à mon rôle, … mon rôle de maman. Je lutte contre mes pensées qui me soufflent que je suis une mauvaise mère ... car lui, ne réclame pas après moi, il sait que je suis là et que j’accourrerai si nécessaire, cela lui suffit.

Alors cet instinct de protection c’est tout simplement de l’Amour maternel ♥


[ Jeudi Confession ]

Je ne sais pas vous, mais en tant que maman solo, il y a un truc que je déteste faire : c’est sortir la poubelle ! Par là je ne veux pas dire que c’est un boulot d’homme (je n’oserai pas!) mais c’est vraiment, je crois, une des tâches ménagères que j’exècre le plus. Alors J’attends toujours le dernier moment, quand elle est bien remplie jusqu’à ras bord, et que je n’arrive même plus à la sortir du contenant tellement elle est pleine et que ce fichu sac commence à se percer un peu de partout, pour m’entendre dire « faut que je pense à la vider plus tôt la prochaine fois ! » et la prochaine fois, ben voilà on y est : « faut que je pense à la vider plus tôt la prochaine fois ! ».
Je sais, cette publication est absurde et sans aucun intérêt mais ce soir je suis une rebelle … une rebelle de la poubelle…

Un jour peut-être qu’on parlera des cartons qui traînent des jours et des jours dans mon entrée avant que je veuille bien les entreposer à la cave. 
Ouais des fois aussi la cave me gave !

© Une semaine sur deux



[ ♥ lourd ]

Voilà, mon année va se terminer sans titou à mes côtés, il sera avec son papa pour clore cette année 2017.
« C’est le jeu ma pauvre lucette » (...)
Quoiqu’il en soit mes semaines sont belles et celle-ci était particulièrement « magique ».
C’est toujours plus difficile une séparation après des vacances, où il y peu de place au vide et au silence. Il prend toute la place, toute sa place, les journées sont rythmées par son humeur. Pas de collègues, pas d’école, pas de périscolaire, pour vous préparer à cette absence. Le choc est brutal, le calme est pesant. Je sais que c’est l’histoire de quelques heures, (… moais d’accord, quelques jours), pour que je retrouve ma routine, ma maison rangée, mes films interdits aux moins de 10 ans, mes grasses matinées, mes bains, mes copines, mes bouquins. 
Mais m**** ! Moi je l’aime cette maison bruyante, en vrac, même ces matins matinaux parce que, quand il est là, la joie de vivre résonne en nous tellement fort. Oh elle va encore raisonner en moi, même seule, bien évidemment, elle sera juste un peu plus discrète... et si légèrement ... humide ... ♥

© Une semaine sur deux



[ Ma séparation ]

J’écris rarement sur ce sujet car, c’est très (très) intime et c’est encore difficile pour moi, d’assumer cet échec. 

Même si désormais je sais apprécier ma nouvelle vie, si mes joies commencent à effacer mes peines, et si titou est épanoui, ce qui est le plus important de tout, aujourd’hui je ressens la nécessité de me livrer un peu plus qu’à l’accoutumée.

A l’approche des fêtes, quand on se souvient que j’ai déménagé un 2 janvier, que j’ai quitté ma belle et grande maison pour un (joli) appartement (en location) deux fois plus petit, quand on se dit que l’on entame sa 4ème année de séparation, que l’on peine à trouver celui qui viendra semer la zizanie dans le complexe d’œdipe, et que cette année encore, mais aussi pour toutes les autres à venir, on aura Titou seulement pour une seule de ces 2 fêtes (Noël ou Jour de l’an, comme à un tirage au sort, et que le meilleur gagne), le cœur ne peut s’empêcher de se serrer. Cette vie rêvée, idéalisée, de la jolie famille avec 2/3/4/5 enfants, un chien et un chat, a été quelque peu écorchée…

C’est marrant … ou pas … Mais pour lui c’est moi qui l’ai quitté, et pour moi, c’est lui qui m’a quitté.

Alors la vérité ? On a raison tous les deux.

On a vécu 10 belles années, 10 années remplies de tout, d’amour, de colère, de peines, de joies, comme tout couple.

Mon Titou a été la reconnaissance de cet amour même si j’ai dû me battre pour convaincre son père, (1ère séparation en 2009 pour cela) il peut me remercier d’y avoir cru, car on a tout gagné cet été 2011.

Ces petites différences, les divergences déjà présentes mais sur lesquelles on ne veut pas s’attarder, on se rassure en se disant que c’est normal, les contraires s’attirent, c’est comme ça, ces petits riens qui s’accentuent à la naissance d’un enfant mais que l’amour remporte à chaque fois. 

A chaque fois … sauf cette fois-là.

Deux personnalités différentes, des attentes différentes, on s’est complétés, puis éloignés.
Il rêve de liberté, d’indépendance et de sociabilité … Je rêve d’intimité, de famille et de complicité.
Nous vivions ensemble mais à côté. Son nouveau rôle de papa le comble tellement que je peine à trouver ma place en tant que femme (eh oui, l’inverse est plus courant mais c’est sans compter sur mon manque d’affection extrême).
J’attendais trop de choses qu’il ne pouvait me donner.
Que personne n’aurait pu me donner d’ailleurs, mais ça on le comprend au fil du temps, des épreuves, et des remises en question.
Il ne voulait pas voir, pas comprendre mon mal être certainement impuissant et dans l’incompréhension devant mes réclamations, très maladroites et violentes.
Je voulais le retenir, je l’ai fait fuir un peu plus encore.
J‘ai essayé de combler ailleurs ce qu’il ne voulait/pouvait plus me donner, ses sentiments étaient peut-être déjà éteints. Je voulais nous laisser une chance, lui pas. Il faut être deux pour sauver un couple. Le clap de fin a sonné.

C’est la faute à personne ou à nous deux. Il a fallu quelques séances de thérapies pour comprendre l’impact de mon enfance sur ma vie d’aujourd’hui. J’ai cette capacité à accepter mes erreurs, et à me remettre en question, encore et toujours.
J’étais perdue. Je me suis retrouvée.

Désormais, je sais qui je suis, je connais mes qualités, mes failles, et je sais que je suis une fille extraordinaire, une hypersensible, une émotive, et c’est ce qui fait de moi cette personne si « attachiante ».

Je suis en demande d’attention et de reconnaissance permanentes, parce que c’est certainement ce dont j’ai le plus manqué mais je suis surprenante et j’ai gardé cette âme d’enfant, je pleure et je m’émerveille pour tout et rien. Mes émotions guident ma vie, parfois c’est génial, parfois c’est épuisant.
Et je suis certaine que le père de mon fils vous dirait exactement la même chose, car c’est bien de cette fille là qu’il était tombé amoureux.

Rares sont les personnes qui me connaissent vraiment, je me livre totalement à quelques privilégiés (ou condamnés) je laisse pénétrer ma vraie intimité à un cercle très restreint, certainement par peur d’être jugée. Car tout le monde juge tout le monde, tout le monde sait mieux que tout le monde. Si c’est bien ça que j’ai compris aujourd’hui, c’est que chacun fait ce qu’il peut. Qu’on ne choisit pas toujours, parfois, souvent même, la vie s’impose à nous. Aujourd’hui juste envie d’être vraie.

J’ai et j’aurai toujours des sentiments pour cet homme qui m’a apporté tout ce dont il pouvait lui-même. Il est un merveilleux papa, très présent pour son fils.

Heureuse d’avoir partagé un bout de chemin avec lui.
Fière qu’il soit le père de mon Titou.
Il y aura parfois des choses qui m’agaceront, sinon ce ne serait pas rigolo, et je lui fais confiance pour pester sur mes défauts, ben oui, sinon pourquoi être séparés me direz-vous.
Mais il a sa place dans mon ♥ et je sais que j’ai la mienne dans le sien.


Je n’aurais jamais pu écrire tout ceci il y a 3-4 ans en arrière, ma séparation a été un tsunami, j’ai été hospitalisée une nuit, j’ai connu les antidépresseurs et les anxiolytiques. Le monde qui s’écroule, ce sentiment de ne pas mériter d’être aimée, la culpabilité d’offrir à Titou cette vie de « une semaine sur deux » ne m’a plus jamais quittée. Mais en contrepartie, elle m’a aussi apprise à être plus forte, plus indépendante et à accepter mes imperfections, mes blessures. Je n’ai plus honte d’être moi (enfin presque). Toutes mes expériences de vie de ces 3-4 dernières années sont le résultat de cette prise de conscience.

Depuis, je m’efforce d’offrir à mon fils le meilleur de moi-même mais oui parfois je pleure encore, plus rarement mais il m’arrive d’avoir la nostalgie de ma vie d’avant, et ce moment des Fêtes s’y prête particulièrement. Il me faudra certainement attendre de reconstruire une autre vie de « famille recomposée » avant que cette mélancolie s’adoucisse définitivement.
Je cite une phrase d’un de ces textes que j’affectionne tant, qui résonne en moi : « Puis, un jour, vous grandirez et vous comprendrez que j’ai peut-être brisé notre famille, mais je vous ai offert de bien meilleurs parents ».

Je remercie celle ou celui qui sera arrivé à lire jusqu’ici. 

J’espère que ce témoignage sincère et authentique vous permettra de relativiser en vous disant, « waouh ma vie à moi est tellement mieux, faut que je profite » ou bien que quoique vous traversiez comme épreuve, il y a toujours du positif quelque part. Prenez soin de vous  ♥

© Une semaine sur deux